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Ce que tu peux dire à tes enfants (et ce que tu ne devrais pas)

  • DFD
  • 30 mars
  • 4 min de lecture

Annoncer une séparation à ses enfants est l'un des moments les plus redoutés par les parents qui divorcent. Que dire ? Comment le dire ? À quel moment ? Est-ce qu'on peut leur dire la vérité sur ce qui s'est passé ?


Ces questions touchent à la fois à l'émotionnel et au juridique. Car oui — certaines choses dites à un enfant peuvent avoir des conséquences dans le cadre d'une procédure de divorce, notamment sur les décisions relatives à l'hébergement ou à l'autorité parentale.


Voici un guide concret, bienveillant et ancré dans la réalité — pour traverser ce moment avec le plus de clarté possible.


D'abord : comprendre ce que vit un enfant face à la séparation


Avant de savoir quoi dire, il est utile de comprendre ce qu'un enfant ressent. Quel que soit son âge, il vit généralement plusieurs choses en même temps :


—    De la peur : est-ce que ma vie va changer ? Est-ce que je vais perdre un de mes parents ?

—    De la culpabilité : est-ce que c'est ma faute ? Les jeunes enfants notamment ont tendance à se sentir responsables.

—    De la loyauté déchirée : il aime ses deux parents et ne veut pas « choisir ».

—    Du chagrin, mais aussi parfois du soulagement — surtout si la maison était un endroit tendu.


Ce que les enfants ont besoin d'entendre, avant tout, c'est qu'ils sont aimés — et que le divorce n'est pas de leur faute.


Ce que tu peux dire — les vraies phrases


Voici des formulations concrètes, adaptées à tous les âges, que tu peux utiliser ou adapter selon ta situation.


Pour annoncer la séparation

—     « Papa et maman ont décidé de ne plus vivre ensemble. Ce n'est pas ta faute, et on t'aime tous les deux autant qu'avant. »

—     « Les choses vont changer à la maison, mais toi tu resteras toujours notre enfant, et on sera toujours là pour toi. »

—     « Tu vas avoir deux maisons. Les deux sont chez toi. »

Pour répondre à ses questions

—     « Tu peux poser toutes les questions que tu veux. On essaiera de t'expliquer ce qu'on peut. »

—     « Ce qui se passe entre papa et maman, c'est une histoire d'adultes. Toi, tu n'as pas à t'en occuper. »

—     « On ne sait pas encore comment tout va s'organiser, mais on te tiendra au courant. »


Pour rassurer au quotidien

—     « C'est normal d'être triste. Tu peux en parler avec moi quand tu veux. »

—     « Tu n'as pas à choisir entre nous. On est tes deux parents, et ça ne changera jamais. »


Ce que tu ne devrais pas dire — et pourquoi


Ces phrases, même dites sous le coup de la douleur ou de la colère, peuvent blesser profondément un enfant. Et dans le cadre juridique, elles peuvent aussi être retournées contre toi.


Les phrases qui mettent l'enfant au milieu du conflit

—     « Ton père/ta mère ne pense qu'à lui/elle. » — Tu lui demandes de prendre parti.

—     « C'est à cause de lui/elle si on en est là. » — L'enfant n'a pas à porter cette information.

—     « Tu peux tout me dire sur ce qui se passe chez ton père/ta mère. » — Tu le transformes en informateur.


Les phrases qui créent de l'insécurité

—     « On va peut-être devoir déménager très loin. » — Tant que ce n'est pas décidé, ne l'annonce pas.

—     « Je ne sais pas comment on va survivre financièrement. » — Les inquiétudes financières sont celles des adultes.

—     « C'est toi qui choisiras avec qui tu veux vivre. » — Mettre ce choix sur les épaules d'un enfant est une charge trop lourde.


Les phrases qui instrumentalisent

—     « Si tu vas chez ton père/ta mère, je serai trop seule/seul. » — C'est une forme de pression émotionnelle.

—     « Dis-lui que je veux qu'il/elle signe les papiers. » — L'enfant n'est pas un messager.


La dimension juridique : ce que ça peut changer


En Belgique, le bien-être de l'enfant est au cœur des décisions du tribunal de la famille. Cela signifie que :


—     Les comportements parentaux vis-à-vis de l'enfant peuvent être pris en compte par le juge, notamment lors des décisions d'hébergement.

—     Un enfant de 12 ans et plus peut être entendu par le juge s'il en fait la demande — ce qu'il dit compte.

—     Dénigrer l'autre parent devant l'enfant peut être considéré comme contraire à l'intérêt de l'enfant et nuire à ta crédibilité dans la procédure.

—     À l'inverse, démontrer que tu favorises le lien entre ton enfant et l'autre parent est valorisé par les juges.


Protéger ton enfant et protéger ta position juridique vont souvent dans le même sens. Ce qui est bon pour lui est généralement aussi ce qui joue en ta faveur devant le juge.

 

Ce qu'il faut retenir


Il n'y a pas de script parfait pour parler à ses enfants d'un divorce. Mais il y a quelques principes qui font toute la différence :


—     Dis la vérité, mais une vérité adaptée à leur âge.

—     Protège-les du conflit entre adultes — ils n'ont pas à le porter.

—     Rassure-les sur ce qui ne change pas : ton amour, leur place dans ta vie.

—     Si tu sens que ton enfant a du mal à traverser cette période, un suivi psychologique ponctuel peut l'aider à mettre des mots sur ce qu'il vit.


DFD — Droit Familial Décrypté

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